Les cheminots sont en droit de se
poser ces questions dans le contexte
de crise économique internationale,
alors que la direction engage une
stratégie de rachat d’entreprises.
Après la reprise de la totalité de
Géodis et de 75 % d’ITL, opérateur
fret ferroviaire allemand, en juillet
dernier et la prise de 20% du capital
de NTV, société ferroviaire italienne
privée, en octobre, la direction vient
d’acheter l’ensemble de l’activité
logistique du groupe IBM qui ne comporte
aucune prestation de transport
ferroviaire.
Cette stratégie ne répond aucunement
aux besoins d’amélioration et
de développement du ferroviaire en
Europe et en France. La situation du
fret ferroviaire démontre l’inefficacité
de l’ouverture à la concurrence
en matière de développement.
De plus, le choix de la SNCF d’ouvrir
les hostilités dans la jungle de la
concurrence sur la grande vitesse,
conforte l’alliance envisagée entre
Air France et Véolia pour concurrencer
la SNCF et fait peser de lourdes
menaces sur l’avenir de la SNCF avec
des conséquences pour les usagers
et les cheminots.
Cette politique exige et exigera des
disponibilités de liquidités très importantes.
C’est ce besoin de liquidités
qui amène la Deutsche Bahn (DB) à
l’ouverture de son capital.
C’est au nom du financement du
développement à l’étranger que le
Président de La Poste justifie son
projet de privatisation. C’est à cause
de cette même stratégie que la
Cher(es) collègues,
L’élaboration de ce document participe du souci de
contribuer au nécessaire débat sur la finalité des choix
et orientations stratégiques de la direction de la SNCF.
Pour la CGT, il s’agit, bien entendu, de leur opposer des
solutions alternatives notamment aux options qui sont
ancrées dans les politiques libérales que conduisent le
gouvernement et le locataire de l’Elysée.
Notre entreprise continue d’être secouée par d’incessants
bouleversements, d’origines diverses, rythmés
par un empilage de réorganisations débouchant sur
une détérioration des conditions de travail, une remise
en cause d’acquis sociaux et un affaiblissement du
Service Public.
Cela suscite, à juste titre, de fortes interrogations,
des inquiétudes et des mécontentements à fortiori
que cette stratégie est portée par une politique managériale
qui emprunte de plus en plus certaines méthodes
rétrogrades en vigueur dans le Privé.
La direction de l’Entreprise, Président Pépy en tête,
sent bien que le corps social est de plus en plus réticent
à adhérer à des stratégies qui sont imposées par
la technostructure sans véritable concertation.
A l’instar du gouvernement, la direction de la SNCF a
une conception très réductrice du dialogue social.
C’est du genre : « on veut bien discuter, voire négocier
avec vous mais seulement si vous êtes d’accord avec
notre politique ! ».
Malgré cela, la direction trouve quand même des partenaires
sociaux suffisament complaisants pour accompagner,
sans renâcler, ses choix.
A l’appui d’une abondante propagande, les dirigeants
de l’entreprise tentent de rassurer les cheminots avec
la main sur le coeur, ils affirment que tout va bien dans
le meilleur des mondes et que çà ira encore mieux
demain !
A vouloir trop rassurer, on se dit qu’il doit y avoir des
choses que l’entreprise n’ose avouer !
Par l’intermédiaire de ce support et tout en restant
modeste, nous allons tenter de vous apporter des
éclairages nouveaux sur la réalité des stratégies poursuivies.
Bonne lecture. bien cordialement
Didier Le Reste, secrétaire général
La direction veut développer
la croissance externe. A quel
prix et pour répondre
à quels besoins ?Commission Européenne a imposé
le changement de statut et l’ouverture
du capital d’EDF-GDF avant privatisation !
La CGT condamne cette stratégie
de l’entreprise publique qui supprime
les emplois, aggrave les conditions
sociales des cheminots, menace leur
statut et à terme celui de la SNCF et
du service public.
La CGT milite en France et en Europe
pour que le développement du ferroviaire
repose sur les coopérations
entre les entreprises historiques,
pour répondre aux enjeux de société
sans remettre en cause les statuts
et garanties collectives des salariés.
La direction veut organiser toute
la SNCF sur le modèle du Fret
Cette organisation, mise en place progressivement à
partir de janvier 2008 et finalisée en octobre 2008, a
dégradé la qualité de la production ferroviaire entraînant
pour les 10 premiers mois de l’année, une baisse de trafic
de 10,5 % et de 6,6 % pour les recettes par rapport
à la même période de 2007.
Sans nier l’effet de la concurrence ou celui de la crise
économique qui n’influent pas sur la qualité de la production,
les indicateurs de qualité montrent qu’une grande
partie de ces mauvais résultats est liée à l’organisation
et à la stratégie de la Direction du Fret.
Certes la concurrence est une réalité, mais tout n’a-t -il
pas été fait pour la favoriser ? En 2004, la recapitalisation
du fret imposait à la SNCF une réduction du volume
du trafic de 10% pendant 3 ans, la cession de 22 % du
parc de locomotives et l’abandon à la concurrence privée
de 18% des sillons Fret.
Le trafic réalisé aujourd’hui par les opérateurs privés
est constitué à 70% par les abandons de trafic
par la SNCF, selon le chiffre de la direction.
La direction du fret s’engage auprès des chargeurs sur
90 % de trains arrivant avec moins d’une heure de retard
pour les commandes passées à J - 31 ou à J - 8. Les
résultats sont éloquents : pour les premiers, on est à
80,8 % en recul de 2.5 points et à 10 points de l’objectif,
pour les seconds, on est à 71,2 % en recul de 3,5 points
et à 20 points de l’objectif. Quant aux remises de dernière
minute, gamme J - 1, on est à 71,2 % en recul de
13,8 points, heureusement qu’il n’y a pas d’objectif !
Les plus mauvais résultats sont enregistrés sur
la direction fret nord, mise en place en premier au
1er juillet.
La régularité des trains à 5 minutes n’y est que de
74,9 % pour un objectif de 80 %, en baisse de 2,4 %,
alors que la moyenne est de 79,6 %. Il en est de même
pour les Journées Non Couvertes d’agents de conduite,
où la direction fret nord cumule le plus de JNC avec un
total de 118 pour la seule région de Lille. Au mois d’octobre,
alors que la nouvelle organisation est en place partout,
aucune direction fret n’atteint l’objectif.
La CGT continue de revendiquer un retour d’expérience
des réorganisations successives de l’activité
fret en partant du constat d’échec, fait par la direction,
du plan 2003/2006 dit plan Veron, et formule
des propositions pour restaurer la qualité des acheminements.
Infra circulation :
combattre la filialisationDans un rapport sur l’organisation du transport ferroviaire
remis au gouvernement, M. le sénateur Haenel (UMP)
préconise, entre autres, une filiale ENCF qui regrouperait
l’attribution des sillons et la gestion des circulations sur le réseau, soit 14 400 cheminots.
La direction a décidé de regrouper, dès que possible et
au plus tard d’ici mi 2010, ces 14 400 cheminots de
l’ensemble des services intervenant pour le compte de
RFF en matière de sillons et de circulations, au sein d’une
direction unique et indépendante de l’entreprise qui disposerait de ressources dédiées, par exemple sous la
forme d’une fraction des péages d’accès au réseau. Des
établissements Infra circulation regroupant les actuelles
UO circulations, les centres opérationnels de gestion des
circulations et les bureaux horaires régionaux seraient
rattachés à cette direction.
Si les eurocrates de Bruxelles n’étaient pas satisfaits,
la direction propose de transformer cette
entité en une structure juridiquement autonome,
autrement dit une filiale.
La CGT partage globalement le diagnostic et le constat
du rapport concernant l’échec de la réforme de 1997
ayant créé RFF qu’elle a toujours rejetée. Elle rappelle
que le système ferroviaire français souffre avant tout
d’une dette colossale due au désengagement financier
de l’Etat, alors que la directive européenne 91/440
imposait aux Etats membres l’assainissement financier
des compagnies.
L’Etat doit désendetter le système ferroviaire et il est
possible de répondre aux obligations européennes en
évitant la confusion des rôles entre conception, répartition et commercialisation des sillons, en réfléchissant à partir des fonctions au sein de la SNCF et non de s’engager dans la séparation des organisations.
La création d’une filiale est INACCEPTABLE. Elle
contribuerait à démanteler la SNCF et créerait un
acteur de plus, propice à une nouvelle fragilisation
du système.
L’encadrement : professionnellement
engagé
mais socialement responsable.
La Direction lance son projet « simplifier la SNCF », elle
entend impliquer l’encadrement dans une démarche de
promotion et l’associer à sa mise en oeuvre à marche
forcée. Ce projet de « verticalisation » de l’entreprise,
s’adosse à une volonté de faire descendre le niveau de
responsabilité au plus près des lieux de production. Lors
de la Convention Encadrement du mois de juin, Guillaume
Pepy annonçait son objectif de réduire les Directions
Centrales pour transférer les missions vers les Directions
locales. Dans ce projet qui tend vers la spécialisation
à outrance des unités de production sur des lignes
ou des produits, l’encadrement de proximité pourrait se
trouver en situation de premier responsable. Gestion de
la production, formations, habilitations, qualité de la production
seraient des missions dévolues à des acteurs de
terrain qui n’auraient aucun levier décisionnel. Au regard
des contraintes budgétaires et managériales qui sont
les moteurs de la stratégie adoptée par la Direction, il
est inconcevable de penser que l’on puisse laisser nos
dirigeants se démettre de leurs responsabilités et les
décentraliser dans de telles conditions.
Les dirigeants de terrain ne peuvent pas assumer
et porter des décisions politiques sans jamais y être
associés. A la SNCF, le personnel d’encadrement n’a
TER : La direction veut expérimenter
la concurrence
M. le sénateur Haenel (UMP) a rendu public un rapport
sur le bilan et les perspectives de la régionalisation du
transport ferroviaire régional, dans lequel il préconise
une expérimentation par anticipation de la concurrence
sur certaines lignes.
M. Pepy, auditionné le 28 novembre 2008 par la commission
des affaires économiques et de l’environnement
du territoire de l’Assemblée Nationale, a déclaré « que
la concurrence est un fait et que la SNCF ne demande
pas à être protégée ».
Il trouve que l’expérimentation avec des régions volontaires
est une bonne méthode. Il propose de réunir tous
les acteurs pour co-construire les modalités de cette
expérimentation.
La CGT condamne fermement l’idée
même de cette expérimentation.
La CGT confirme le bilan positif de la régionalisation que
dresse le rapport. Cette réussite a reposé sur un triptyque
gagnant : l’Etat, la Région et la SNCF comme exploitant
unique. Elle récuse catégoriquement l’affirmation
que cette mise en concurrence de la SNCF est inéluctable.
En effet, le règlement européen OSP, n’impose pas la
procédure d’appel d’offres pour les transports ferroviaires
régionaux, et les lois françaises « LOTI » et « SRU »,
attribuent le monopole de l’exploitation à la SNCF.
Pour la CGT, la mise en concurrence de la SNCF
ne dépend ni d’une loi ni d’un règlement existant
aujourd’hui, mais serait le résultat d’une nouvelle
volonté politique régionale et gouvernementale que
semble appeler de ses voeux le rapporteur avec
l’aval de la direction de la SNCF.
aucun droit pour une parole différenciée ou alternative.
La Direction fait la promotion d’une plus grande autonomie
et exige un esprit d’initiatives, toutefois elle bâillonne
l’encadrement quand il s’agit de discuter des objectifs et
des moyens. L’accentuation du pilotage par activité et
la sectorisation de la production, comme le projette le
Président, vont aggraver cette situation.
Les maîtrises et cadres s’engagent professionnellement,
mais doivent aussi pouvoir assumer les responsabilités
sociales liées à leurs emplois. La Fédération
CGT des cheminots n’accompagnera pas des propositions
qui tendent à dégrader la vie et le travail des
cheminots de l’encadrement et les appelle à se mobiliser
pour une organisation de l’entreprise répondant aux
attentes des populations en matière de service public et
respectueuse des droits des salariés.
Transversalité : G.Pepy veut convaincre pour mieux
tromper :
Deux pages entières du Président de la SNCF dans un
“Temps réel” et dans les « Info » pour rassurer et convaincre
les cheminots que la SNCF restera unique et
intégrée. Guillaume Pepy veut combattre les craintes
générées par son projet qu’il veut imposer à tous les
niveaux. Il prétend garantir la transversalité en accentuant
le pilotage vertical. En réalité, le projet de la Direction
pousse vers un éclatement des métiers, vers la
spécialisation des entités et la dédicace intégrale. Concernant
les fonctions Transverses, la Direction s’engage
vers leur refonte complète pour le 1er janvier 2009 sans
aucune discussion, pour recentrer la partie stratégie et
finances sur un « Corporate » Présidentiel et une redistribution
des missions RH dans les branches.
La Fédération CGT des cheminots ne se contente pas de
promesses et de propos rassurants. Seule la présentation
d’un projet garantissant un renforcement des lignes
métiers et un pilotage des ressources humaines
assuré au niveau national avec un relais régional pour
ce qui concerne les salaires, les notations, l’emploi,
la formation, le respect de la réglementation et du
statut, pourront nous permettre de travailler en
confiance. Les marges de manoeuvre que la Direction
veut livrer aux activités et aux branches sont bien trop
importantes pour pouvoir croire aux propos du Président.
Les Lignes Métiers et les Directions Transverses
ne peuvent être de simples conseilleurs ou gardiens des
normes nationales n’ayant aucun poids hiérarchique
pour imposer leur application par les activités, garantir
l’unicité de traitement des cheminots et le caractère
intégré de l’entreprise publique. La CGT exige que les piliers
de l’entreprise soient des fonctions RH garantes du
statut des salariés et des lignes métiers renforcées sur
la qualité de la production et la sécurité des personnes
et des circulations. La CGT ne laissera pas l’Entreprise
Publique SNCF et le Service Public Ferroviaire aux mains
de Directions de branches ou d’activités obsédées par
le « business » et les résultats financiers.
Il ne s’agit pas de nier à la direction ses prérogatives en matière d’organisation du travail et
de gestion de l’entreprise mais nous considérons que nous sommes légitimes à contester
certains choix au regard de réorganisations passées qui ont d’ailleurs été qualifiées d’échecs.
Nous voulons disposer d’un dialogue social de meilleure qualité digne d’une grande entreprise
publique afin que nos propositions alternatives puissent être débattues et prises en compte.
Or, contrairement à ses affirmations, la direction SNCF, bafoue le dialogue social, contourne les
organisations syndicales, oppose les cheminots entre eux en cultivant l’individualisme contre le
collectif. Revenue à une conception ancienne, elle ne comprend que le rapport de forces. Les
cheminots l’ont bien compris, ils réagissent et agissent collectivement avec leurs organisations
syndicales et notamment la CGT. La période actuelle est révélatrice de ce point de vue.
Ainsi, la dernière manifestation européenne, les multiples actions au niveau des fonctions, des
établissements, des sites ferroviaires, démontrent le niveau de mécontentement et d’exigences
des cheminots. Forte de cette mobilisation, la Fédération CGT des Cheminots travaille à
construire une action nationale unitaire tous services au début de l’année 2009.
C’est Tous ensemble que nous changerons la donne !
Une démarche syndicale CGT
qui ouvre des perspectives