Le 19 septembre, les Fédérations Syndicales de Cheminots se sont rencontrées aux fins d’approfondir leur analyse sur les enjeux de la période et de décider en conséquence de la stratégie syndicale. Elles ont dans un premier temps considéré que l’intervention du Chef de l’Etat du 18 septembre au sujet de la politique sociale constitue une remise en cause fondamentale du contrat social et du système solidaire de société.
Le Président de la République n’a donc pas répondu à l’urgence des priorités et des exigences sociales mais a poursuivi dans la voie de la stigmatisation et de la culpabilisation de certaines catégories de salariés tout en s’efforçant de ne pas contraindre le patronat.
La charge contre les régimes spéciaux de retraites qu’ils veulent réformer à la hussarde ne s’explique que par la volonté du Chef de l’Etat, du Gouvernement et du MEDEF aux ordres de la Commission Européenne d’engager dès la fin 2007, une troisième réforme des retraites assortie de nouveaux sacrifices pour l’ensemble des assurés sociaux.
Le traitement des régimes spéciaux de retraite est donc intimement lié à une nouvelle attaque contre le régime général.
Les Fédérations Syndicales de Cheminots ont réaffirmé leur attachement à leur régime spécial de retraite et leur détermination à le défendre. Elles souhaitent rappeler que les fondements qui ont prévalu à la création du régime spécial de retraites des cheminots demeurent pertinents en 2007 à savoir : spécificité des tâches, contraintes liées à la continuité du service public, responsabilités inhérentes à la sécurité des circulations.
Dans un contexte où des enjeux lourds pèsent sur la SNCF et les conditions sociales des cheminots, les fédérations syndicales ont de nouveau déploré l’indigence du dialogue social à la SNCF. Malgré leur demande expresse, elles n’ont toujours pas été reçues par la Présidente de l’entreprise au sujet de la situation préoccupante du Fret et de la stratégie de plus en plus contestée que mène unilatéralement la direction.
De ce point de vue, les fédérations syndicales de cheminots estiment qu’elles ne sont entendues ni par la direction de la SNCF, ni par le gouvernement.
Cette situation amène les fédérations syndicales CGT - CFDT - FO - CFTC - SUD-Rail et CFE.CGC à appeler les cheminots à s’inscrire dans un mouvement national de grève le 18 octobre 2007.
Les modalités de cette action ne sont pas définitivement arrêtées. Elles dépendront de l’évolution du contexte et du climat social. La date du 17 octobre avait été préalablement choisie mais les fédérations syndicales ont décidé de décaler celle-ci au 18 en raison de l’organisation le 17 de la « Journée Mondiale contre la pauvreté et la misère ».
Les fédérations syndicales des cheminots porteuses de valeurs de solidarité et soucieuses de rechercher des convergences ne veulent pas alimenter les divisions et les oppositions dont notre société est trop souvent traversée.
Par ce mouvement national de grève de tous les cheminots, les organisations syndicales entendent peser sur l’avenir du régime spécial de retraite et contraindre la direction de la SNCF à modifier sa stratégie au niveau du Fret. La fermeture de plus de 300 gares au Fret en wagons isolés et la suppression de milliers d’emplois ne sont pas acceptables.
Pour leur part, les fédérations UNSA et FGAAC ont indiqué qu’elles ne fermaient pas la porte à leur participation à une mobilisation nationale mais qu’elles avaient besoin d’un temps supplémentaire de réflexion.